Insuffisamment valorisés ou implantés par nombre de sites et de services Web, les fils RSS ont perdu de leur attrait. Même certains spécialistes de la veille semblent s’en détourner… malgré des avantages patents. Mise au point.

Les fils RSS ont perdu là où le bouton « Suivre » de Twitter ou le bouton « J’aime » de Facebook ont gagné. Un clic… et la veille est enclenchée ! Mais doit-on vraiment s’arrêter là ? Doit-on s’en tenir à la phase primitive de la veille – son enclenchement – en négligeant les autres aspects ? L’objectif des veilleuses et veilleurs que nous sommes n’est-il pas d’obtenir une information de qualité sans tomber sur les trois plus gros écueils de la profession ?

  1. un volume excessif d’informations ;
  2. une forte proportion de « faux positifs » (informations récupérées, mais inutiles) ;
  3. une forte proportion de « faux négatifs » (informations non récupérées, mais utiles).

C’est à nous de choisir les meilleures sources, à nous d’identifier le meilleur canal d’extraction de l’information utile (fil RSS, compte Twitter, lettre d’information, compte Facebook, compte Instagram, etc.). Quand plusieurs canaux sont disponibles et convoient la même information, c’est à nous d’identifier celui qui sera le plus « productif » : rapidité d’extraction, capacité d’être sauvegardé, filtré, analysé… et rediffusé.

La responsabilité des éditeurs

C’est à nous de prendre le temps de mettre les mains dans le cambouis du RSS quand la qualité de la veille en dépend. Mais c’est aussi aux éditeurs de veiller à diffuser leurs contenus dans tous les formats utiles, en tenant compte des qualités et défauts de chacun. À eux de les rendre visible dès leur page d’accueil (comme ici) et d’afficher clairement (comme ici), sur une page dédiée, les différents moyens de les suivre.

Pour se remettre en tête les avantages et inconvénients des principaux canaux de veille, je vous propose un tableau, regroupant les différents arguments pour ou contre. Un tableau qui se veut neutre mais qui attend vos critiques et compléments.

 RSSTwitterFacebookNewsletter
A-t-on le choix ?Le RSS est parfois le seul moyen de mettre une source sur surveillanceTwitter est parfois le seul moyen de mettre une source sur surveillanceFacebook est parfois le seul moyen de mettre une source sur surveillanceLa newsletter est parfois le seul moyen de mettre une source sur surveillance
Finesse thématique de la veilleIl est très simple pour un site de produire de multiples fils RSS thématiques.
Le journal Le Monde, par exemple, propose par défaut 86 fils RSS thématiques auxquels il faut ajouter tous les fils correspondant aux « dossiers » visibles dans l’application mobile.
Autre exemple, WordPress propose nativement des fils RSS pour chaque catégorie, tag, auteur, recherche, etc.
Rares sont les éditeurs qui créent plusieurs comptes Twitter thématiques. Ainsi, Le Monde ne propose « que » 30 comptes thématiques sur Twitter.Rares sont les éditeurs qui créent plusieurs comptes Facebook thématiques. Ainsi, Le Monde ne propose « que » 15 comptes thématiques sur Facebook .Rares sont les éditeurs qui créent plusieurs newsletters thématiques. Ainsi, Le Monde ne propose « que » 7 newsletters thématiques.
Veille sur des mots ou expressionsCertains moteurs de recherche et bases de données (Google Alertes par exemple) génèrent un fil RSS qui relaiera toutes les nouvelles actualités contenant un mot ou une expression particulière. Dans la plupart des cas, la veille s’effectue sur du texte intégral.Twitter permet de faire de la veille par mot/expression à travers Tweetdeck. Défaut : le service ne propose pas d’archivage des résultats. La veille ne porte que sur les 280 caractères du tweet.Facebook ne propose pas de solution pour effectuer de la veille sur des mots/expressions.Certains moteurs de recherche et bases de données (Google Alertes par exemple) génèrent une alerte mail qui relaiera toutes les nouvelles actualités contenant un mot ou une expression particulière. Dans la plupart des cas, la veille s’effectue sur du texte intégral.
Temps réel ?Les lecteurs de fils RSS évolués permettent d’atteindre un taux de rafraîchissement de la source de quelques minutes. Certaines sources vont même jusqu’à pousser l’information vers le lecteur en utilisant le protocole WebSub (ex-PubSubHubbub).Twitter diffuse l’information pratiquement en temps réel.Facebook dispose d’une architecture temps réel pour les vidéos « live ». Pour le reste, la bulle algorithmique rend illusoire la veille temps-réel.La grande majorité des newsletters sont quotidiennes ou hebdomadaires.
Bulle algorithmique ?Les actualités récupérées par les lecteurs de fils RSS sont classées dans l’ordre chronologique strict. Pas de bulle algorithmique.Par défaut, Twitter applique désormais un filtrage algorithmique qui met en avant les tweets les plus « en vue » (mais cette fonction est débrayable dans les préférences). TweetDeck est en revanche purement chronologique. Dans un cas ou dans l’autre, Twitter affiche néanmoins 100% des tweets.Facebook impose un filtre qui cache de nombreux posts diffusés par les pages. Aucune bulle algorithmique.
Contraintes techniques pour trouver et s’abonner à la source de veille.Par manque de rigueur de la part des webmasters, le fil RSS est parfois ardu à trouver. Les fils RSS thématiques sont parfois cachés ou enfouis. Simplifier le processus d’abonnement aux fils RSS demande une certaine appétence technique.Le bouton « Suivre » permet un abonnement immédiat.Le bouton « J’aime » permet un abonnement immédiat.Phase plus ou moins simple/longue d’abonnement à une lettre d'information.
Intégration d’autres veillesQuelques lecteurs de fils RSS sont capables de gérer des abonnements Twitter, Facebook, Google+, YouTube et même d’intégrer une page WebUn client Twitter n’accepte que les tweets.Un compte Facebook n’accepte que les posts Facebook.n/a
Hiérarchie de l’informationPas de système de hiérarchisation de l’info.Twitter valorise notamment les tweets qui ont enregistré le plus d'engagement (likes, retweets, réponses).
Mais la hiérarchie est indépendante du choix de l'éditeur.
Facebook utilise un algorithme complexe prenant en compte plus de 100 000 signaux pour décider quels messages montrer et quels messages mettre en avant.
La hiérarchie est indépendante du choix de l'éditeur.
La mise en forme de la newsletter permet de dégager une hiérarchie de l’information respectant les choix de l'émetteur.
Respect de la vie privéeLe site qui produit le fil RSS ne connait que peu de choses de l’abonné : l’adresse IP, le fil suivi, les articles sur lesquels vous cliquez. Le lecteur de fil RSS, s’il est en ligne, en connaît plus : adresse mail, vrai nom en cas de service payant, liste complète des fils RSS suivis et des articles cliqués. Si le lecteur est hébergé ou si vous utilisez un logiciel, rien de tout cela n’est diffusé.En imaginant que vous n’utilisez Twitter que pour la veille, sans effectuer le moindre engagement ou la moindre publication, Twitter connait néanmoins votre adresse IP, votre email, votre liste d’abonnement, vos clics, et les pages Web visitées hors Twitter lorsque cette page dispose d’un bouton de partage Twitter.En imaginant (ce qui est assez illusoire) que vous n’utilisez Facebook que pour la veille, sans effectuer le moindre engagement ou la moindre publication… et sans avoir d’amis, Facebook connait néanmoins votre adresse IP, votre email, votre liste d’abonnements, vos clics, et les pages Web visitées hors Facebook lorsque cette page dispose d’un bouton de partage Twitter.L’inscription à une newsletter peut nécessiter la fourniture d’informations personnelles ou professionnelles.
L'éditeur sait également si vous avez ouverts le mail et cliqué sur des liens.
Réalisation de dossiers de veilleTous les lecteurs de fils RSS sont capables d’organiser les fils dans des dossiers (un seul niveau hiérarchique).Twitter permet de créer des « listes » regroupant les abonnements sous forme thématique (un seul niveau hiérarchique)..Impossible de créer des dossiers de veille.Dans un gestionnaire de courrier électronique, il est simple de créer des règles de classement pour que les newsletters soient déposées dans un dossier. Plusieurs niveaux hiérarchiques sont envisageables.
Rediffusion multicanalCertains services sont capables de rediffuser automatiquement le contenu d'un file RSS vers différentes plateformes.
Tous les lecteurs de fils RSS permettent par ailleurs de rediffuser chaque article vers de nombreuses plateformes de diffusion. Le nature "dépouillée" du format RSS permet une réexploitation très simple de l'information
Il est avant tout possible de rediffuser un Tweet… sur Twitter. Il est aussi possible de diffuser un tweet par mail ou de le diriger vers une plateforme de curation. Nous sommes loin du multicanal.Il est avant tout possible de rediffuser un post Facebook… sur Facebook. Une newsletter peut être… transférée... par mail. Difficile de la republier sur d'autres plateformes et surtout d'en faire la source d'une diffusion multicanal.
Rapidité de dépouillement de la veilleTous les lecteurs de fils RSS disposent de raccourcis clavier (souvent J/K) permettant un dépouillement rapide de la veille.Twitter dispose de raccourcis clavier (J/K) permettant un dépouillement rapide de la veille.Facebook dispose de raccourcis clavier (J/K) permettant un dépouillement rapide de la veille. Mais rappelons que l'algorithme de filtrage ne permet pas de surveiller 100% des actualités produites par les comptes suivis.Malgré la présence de raccourcis clavier sur certains gestionnaires de courriers électroniques, le dépouillement de la ville est lent.

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